Il est assez fatiguant de devoir constamment justifier son refus de la viande, d'autant qu'en toute logique ce sont les végétariens qui devraient critiquer les mangeurs de viande. Avant toute chose, manger de la viande revient à manger sept portions de son équivalent végétal. En vivant dans ce monde où un enfant meurt de faim toutes les dix secondes, cet acte égoïste pourrait dans tous les cas être considéré comme moralement inacceptable, ne croyez-vous donc pas ? Le végétarisme communément admis est le plus exact ovo-lacto-végétarisme, incluant aux éléments végétaux les oeufs et les produits laitiers. Il reste, après tout, un simple retour au bon sens, dont le premier : ne pas manger de viande si nous ne sommes pas capable d'en tuer l'animal nous même. Nous oublions également bien trop facilement la majorité des études médicales comparatives confirmant l'adaptation de notre biologie à l'aliment végétal et aux fruits et légumes en particulier, certainement pas à un régime omnivore comme beaucoup se plaisent à inventer. Devra-t'on encore et toujours rappeler que notre consommation de viande à grande échelle fut imposée par la dernière glaciation et la raréfaction des aliments naturels qui furent la base du régime de nos ancêtres ? Le fait est pourtant indiscutable : les personnes qui suivent un régime végétarien équilibré sont statistiquement en bien meilleure santé que les adeptes du régime omnivore. Ouvrons les yeux : l'homme est classé parmi les Primates, et la totalité de ses plus proches cousins animaux sont essentiellement frugivores. Le gorille lui même et sa force légendaire n'est, en quelque sorte, qu'un mangeur de salades. Les végétariens possèdent des taux moins élevés de graisses saturées et de cholestérol, des réserves supérieures en minéraux et oligo-éléments, ainsi que de vitamines dont certaines sont ces antioxydants aussi précieux qu'irremplaçables. Les végétariens sont moins gros, ont la tension artérielle moins élevée, souffrent incomparablement moins des cancers de la prostate et du colon, ne connaissent pratiquement pas l'appendicite, etc. Les végétariens vieillissent moins vite, et vous trouverez très difficilement de gros mangeurs de viande chez les sportifs de haut niveau ou les mannequins. Sans oublier que les dits végétariens généralisent dans leurs tissus une plus faible concentration en pesticides, substances bio-accumulatives à craindre pour leurs effets à long terme. Pour autant c'est la question morale qui reviendra toujours au galop. Les cultures monopolisées pour le bétail à viande des seuls États-Unis pourraient fournir le petit déjeuner des habitants du monde entier ! Tandis que des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition et de sous-nutrition, certains privilégiés des pays riches continuent de gaspiller les ressources alimentaires pour leur petit confort égoïste. Neuf dixième du soja engraissant notre propre cheptel européen provient de pays en voie de développement, au sein desquels toute une partie de la société crie famine. Le soir, beaucoup de mères iront faire bouillir des pierres pour apaiser leurs enfants qui pleurent leur envie de manger, leur promettant que le repas cuit jusqu'à ce qu'ils s'endorment de fatigue. Dans ces pays mêmes qui exportent les aliments pour notre bétail, caprice de mangeurs de viande fermant les yeux au delà de leur assiette. Coupables, même indirectement, d'assassinat quand les habitants de ces pays en arrivent à mourir de faim. Pour reprendre une citation déjà connue : À l’échelle planétaire, manger de la viande est un luxe fondé sur le pillage des ressources alimentaires du Tiers-Monde... Pour ma part, je crois également que les animaux ont une conscience, des sensations, qu'ils peuvent souffrir et être malheureux. Or, avez-vous regardé au détail de l'élevage intensif ? Ou à celui des abattoirs, obligation légale même pour le plus respectueux des élevages bio ? Acheter de la viande, c'est accepter et encourager son origine. Ne faites pas l'hypocrite comme s'il s'agissait simplement d'accepter, lors d'un achat sur Internet, dix pages de conditions générales de vente sans perdre son temps à les lire. Voyez donc ce qui a été filmé en caméra caché dans ces endroits. La file innombrable des condamnés dans l'attente de leur décapitation, sentant et voyant si atrocement ce qui arrive à ceux qui les précèdent. L'odeur, le manteau de la mort donnée, l'assommoir et le couteau en action tous les quart de seconde, pour la construction macabre de chaînes de corps pendus par les pieds, dégoulinant de leur sang et de leurs tripes au gré des trancheurs, broyeurs et coupeurs automatiques. S'il s'agit de poulets, je soupire et je me crispe, accablé par la laideur et l'horreur de l'industrialisation bouchère. S'il s'agit de porcs ou de vaches, je pleure, parce que là, le seul regard de ces animaux qui avancent vers la chaîne de leurs frères pendus par les pieds et jetés en pâture aux automatismes sans âmes qui les découpent en morceaux, ce seul regard me transperce le coeur. Grâce au ciel, je n'ai encore jamais vu pour les chevaux, mais dans ce cas là ce serait au delà de ce que je saurais supporter. M'imposant probablement l'échappatoire forcé de casser quelque chose ou de crier des insultes. Alors, qui mérite vraiment sa critique ? N'est-ce pas plutôt celui qui maintient sa soumission à ce conformisme social et familial de quelques pays avides de viande et de boucheries, refusant même d'admettre ce qui se passe à l'intérieur des murs froids et aseptisés de ces sombres édifices appelés abattoirs ? |
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